Arrivée de l’été rime, pour le Québec, avec vague massive de déménagements. Entre les réparations urgentes, les cessions de bail, la hausse abusive d’un loyer, les malentendus avec un propriétaire et parfois même les problèmes d’insalubrité, la vie de locataire n’est pas toujours de tout repos. Pourtant, des services méconnus existent pour le locataire. C’est le cas des comités de logement.
Memolocal est allé à la rencontre de l’un d’eux afin de mieux connaître la richesse des services s’offrant aux locataires confrontés à différentes problématiques, des plus fréquentes aux plus complexes.
Les comités de logement : riche d’histoire
D’abord, il faut savoir que ces services, malheureusement trop peu connus par la population, existent depuis les années 1970. Les comités de logements sont en fait des regroupements de locataires s’unissant afin de promouvoir et défendre leurs droits, de mobiliser la population autour des enjeux touchant l’habitation, en plus de favoriser le développement du logement social au Québec.
Pour Gaël Morin, un comité de logement est « un lieu de transformation sociale, […] on se met ensemble pour faire changer les choses, parce qu’on a des revendications à faire valoir auprès des gouvernements. » C’est d’ailleurs ce qui l’a amené à s’impliquer dans l’Association des locataires de Villeray, quartier où il réside. Étudiant en Droit, il souhaitait trouver un moyen concret de mettre en pratique ses études dans un contexte où il pouvait agir en amont des problèmes locaux. C’est exactement ce qu’il retrouve dans ce travail.
Avec plus d’une centaine de membres actifs, l’Association des locataires de Villeray est membre du Regroupement des Comités Logement et Associations de locataires du Québec et du Front d’action populaire en réaménagement urbain, mieux connu sous le nom de FRAPRU. Ces deux organismes partenaires se sont d’ailleurs impliqués dans de nombreuses luttes sociales au Québec.
L’Association des locataires de Villeray, au cœur de l’action!
Les activités de l’Association des locataires de Villeray illustrent bien la façon dont ces comités réalisent leur mission. Deux volets sont ainsi réunis : les services, offrant une panoplie de renseignements juridiques aux locataires, et le volet politique, permettant de faire valoir les problèmes identifiés par les citoyens auprès des élus et de contribuer à faire évoluer les choses, à apporter des changements positifs aux lois.
Une association des locataires est un lieu de transformation sociale. On se met ensemble parce qu’on veut faire changer les choses.
Gaël précise la teneur de l’action d’un comité en rappelant qu’on est ici « dans une démarche d’éducation populaire, alors le but c’est d’outiller les gens, de faire en sorte que les gens soient capables de prendre en main leur situation au niveau individuel, au niveau juridique. C’est vrai […] au niveau du service : on veut que les gens soient autonomes, soient capables de résoudre eux-mêmes leurs problèmes dans la mesure du possible, c’est vrai au niveau politique : on veut que les solutions viennent des gens, soient proposées par les gens qui vivent ces problèmes ».
Pour se faire une idée encore plus concrète des informations qu’un comité peut dispenser à tous locataires, rappelons une situation fréquente à Montréal, celle des demandes d’information nécessaire aux enquêtes de crédit des propriétaires. L’Association des locataires de Villeray assurera à un locataire qui se pose la question que les deux seuls renseignements véritablement nécessaires à une telle enquête sont l’adresse et le nom.
Problème de chauffage causé par une mauvaise isolation? Avis de reprise du logement par le propriétaire en plein mois de décembre? Difficultés à se loger à un prix raisonnable? Insalubrité? Quelles sont les démarches et recours possibles? Comment s’y préparer? Quels sont les droits des locataires? Toutes ces questions et bien d’autres encore peuvent trouver réponse en consultant simplement un comité de logement près de chez soi.
Nul besoin d’être membre pour avoir accès à leurs services. Que ce soit au moyen d’ateliers ou d'une rencontre individuelle, ils sont là pour aider les locataires. Il suffit d'appeler le comité de logement de son quartier et de laisser un message sur la boite vocale expliquant la situation rencontrée. Leurs équipes de bénévoles retournent chacun des appels recus le plus rapidement possible.
Au-delà de la mission, l’engagement social!
Au-delà de ces nombreux services, l’implication dans les milieux locaux où ils sont situés caractérisent bien les comités de logement. C’est ce type d’action qui a été privilégié par la Coalition des AmiEs du 7400 (formée de divers organismes, dont l’Association) afin de s’opposer au projet résidentiel prévoyant de transformer l’immeuble patrimonial du 7400, Saint-Laurent en condominiums de luxe. Ceci provoquera l’expulsion des 33 organismes communautaires y étant installés.
Bien que la lutte n’ait pas empêché le projet d’aller de l’avant, pour Gaël Morin, il s’agit d’un véritable succès sur le plan de la mobilisation. Selon lui, « s’attaquer à ce projet est aussi affirmer une volonté des citoyens et citoyennes que ce secteur réponde minimalement aux besoins du quartier, que les décisions soient prises autrement, que d’autres priorités soient mises de l’avant ».
Les principales revendications en cours de l’Association, en cohésion avec celles de l’ensemble des comités de logements québécois, sont :
- La construction de 50 000 logements sociaux au Québec (dont 900 unités dans Villeray);
- Le registre des baux comme moyen de mettre fin aux hausses abusives de loyer. Ce registre permettrait aux locataires de connaître le montant payé par les anciens locataires pour un même logement.
Bien qu’il ne soit pas nécessaire d’être membre pour bénéficier des services et du résultat des actions d’un comité de logement, la somme est modique pour en faire partie. Que l’on s’implique dans les activités de la vie associative, dans les comités de réflexion, ou simplement dans les tâches administratives, les membres contribuent définitivement à la défense des droits des locataires affirme Gaël en lançant : « Plus il y a de gens qui s’impliquent, plus on peut répondre aux besoins, plus rapidement. […] Plus on est nombreux et nombreuses, plus on a un poids » pour faire changer les choses!



